 |
Anton Novak
«Hier encore j’étais comme tout le monde». Voici le début de mon histoire. Ma vie a tourné incessamment autour de la musique et du sport. Mon père était entraîneur de football . J’ai rêvé de football depuis mon tendre enfance, et je suis devenu un membre d’un club de foot.
Je suis une sorte d’homme qui doit essayer de tout et ainsi j’ai commencé à jouer à la guitare de ma sœur à l’age de 10. J’ai essayé de jouer, en tant que musicien improvisé, mes icônes dans le monde de la musique. Ensemble avec quelques amis proches on a créé le groupe ‘garage’, où j’ai amélioré mes talents comme musicien et chanteur.
A l’age de 15 ans j’ai dû arrêter de jouer au football à cause de mes études. Au même temps j’ai servi comme gardien de but dans un club de hockey. J’ai arrêté mes études et je suis devenu décorateur et teinturier mural et j’ai travaillé comme tel depuis la fin de mes études.
J’ai travaillé pour une compagnie pendant deux ans, après quoi j’ai dû commencer mon service militaire. Deux ans d’entraînement dur. Une expérience triste. J’ai souvent réfléchi sur la cause de ma maladie. Le travail dur en était-il la cause, l’exténuation souvent subie ? Bien, ça n’aide rien à se lamenter. Partout où je suis allé, j’ai rencontré des gens bien, fait tant de bons amis et reçu des conseils utiles pour l’avenir. Quand je suis retourné au monde civil, j’ai changé de métier. J’ai commencé à travailler sous terre, dans une mine. J’ai toujours aimé le travail dur et je pouvais me décharger mon excès d’énergie.
A ce temps-là les membres du groupe « The Runner » m’ont rendu visite et m’ont prié de chanter avec eux. J’ai toujours aimé des nouveaux défis et ils ne m’ont pas fait peur. Et encore une fois j’ai rencontré de nouveaux amis en chantant dans quelques concerts avec eux. Plus tard, quand j’ai été atteint par la maladie, cela s’est montré d’être plus que de l’amitié.
Au début des années 1990 (1992) j’ai rencontré une jolie jeune femme aux cheveux noirs et aux grands yeux jolis. Nous nous sommes mariés et plus tard nous avons eu deux enfants. Un an après le mariage j’ai été licencié de mon travail donc je devais en chercher un autre. J’en ai trouvé un en République tchèque mais j’ai trouvé le travail dur car je ne pouvais pas travailler en altitude à cause de mon vertige. Pourquoi ? Un manque du travail dur me semblait comme une explication valable au début, mais c’était faux, je le sais maintenant. Quelquefois j’ai trébuché sur un trottoir qui était droit et en bon état, avec les jambes raides et avec d’autres symptômes clairs de la maladie que j’ignorais totalement à l’époque. Seulement ma mère, depuis décédée, avait vu que quelque chose n’allait pas.
J’ai suivi ses conseils pour aller voir un médecin. Le médecin généraliste était professionnel et rapide et il m’a tout de suite dit d’aller voir un spécialiste, un neurologue à Levoca, dans la ville voisine. Je me suis rendu compte en ce moment pourquoi nos médecins méritent de l’admiration et de l’appréciation. J’ai été suivi attentivement par eux et j’ai subi plusieurs examens médicaux. Ils n’ont pas répondu à mes questions : « Que se passe -t-il avec mon corps » ? Ils n’ont pas voulu faire de prédictions fausses alors ils ont seulement dit : » On doit faire plus d’examens ». Pendant des examens ordinaires à l’hôpital j’ai entendu des questions comme « Avez vous souvent mal à la tête « ? Alors j’ai compris que quelque chose n’allait pas avec ma tête. Je dois admettre que j’avais peur ; peut-être il y avait une tumeur. On m’a fait une ponction lombaire dans le dos après quoi je suis allé à Bratislava pour un IRM. Dans le passé j’avais été là pour bâtir cet hôpital et je n’avais jamais imaginé qu’un jour je m’y trouverai comme patient. Deux jours avant Noël le directeur de l’hôpital neurologique de Levoca m’a dit : »Vous êtes atteint d’une maladie grave qui s’appelle la Sclérose en Plaques ». Là, j’ai eu mon cadeau de Noël ! Mon père était là avec moi et sa première question a été concernant l’opération. Lui aussi, il ne savait rien sur la SEP, donc le médecin a répondu « aucune opération ne pourra aider ». J’ai rit sans cesse parce qu’il n’y avait pas de tumeur. Tout était arrivé à cause du manque d’information concernant la SEP. Je ne suis pas triste, ça aurait pu être pire. Seulement plus tard j’ai compris ce que était arrivé. Quand j’ai vu que je ne pouvais pas jouer au foot avec mon fils ou faire des jeux avec ma fille qui nécessitaient de sauter ou je ne pouvais pas jouer d’autres jeux qui nécessitaient des mouvements rapides, en ce moment-là je n’ai pas pu deviner que dans l’avenir je ne serai pas capable de rester debout sur mes propres jambes, descendre dans une mine, donner un coup à un ballon ou faire plus de patinage. Ces temps-là ont été très durs psychiquement. Quand j’ai marché avec ma canne, j’ai été tout le temps dehors, mais quand ma situation s’est détériorée, je me suis enfermé à l’intérieur et j’ai beaucoup réfléchi.
C’est mon ami, le joueur du guitare basse du groupe « The Runner » qui m’a fait sortir de la maison et m’a prié de chanter des chansons de « Metallica » avec le groupe. Plus tard il a fait un trajet de 30 km souvent quatre fois par semaine rien que pour venir m’aider. Même aujourd’hui je lui suis reconnaissant. Mais la destinée s’est montrée sévère encore une fois de plus. En février 2000 à 03.00 le matin, la mort de mon gendre m’a été annoncée. Il mourut en faisant son devoir dans l’armée slovaque sur la frontière. J’en ai été triste pendant presque un an quand une autre tragédie a frappé notre famille. Ma mère mourut après une maladie impitoyable le 23 décembre 2003. Un an plus tard mon père a commencé les séances de dialyse à cause de son diabète. En plus de cela il souffre de rhumatisme et d’autres maladies. En 2005 ils ont dû l’amputer de la jambe gauche. En ces moments-là quand nous pensons que nous soufrons le plus nous ne voyons pas le monde autour de nous. Je veux mentionner les situations comme des enfants qui ont faim en Ethiopie, le désastre du tremblement de terre en Turquie ou la dévastation causée par le Tsunami en Indonésie. Il y a des milliers qui meurent, les millions qui souffrent pas seulement un individu. Et soudainement notre souffrance paraît être comme une goutte d’eau dans l’océan du mal et de la misère. Et en ce moment-là un ami vient pour vous aider sans demander quoi que se soit en retour. J’ai une de la chance d’avoir de tels amis formidables.
Une fois dans l’hôpital, la présidente du club de SEP de notre ville m’a visité. Nous avons discuté sur une possibilité d’organiser un concert bénéfique. L’idée que des personnes atteintes de la SEP chanteraient là nous paraissait bonne. Je me suis rappelé des amis du groupe musical et je les ai appelés. Le guitariste qui est le cerveau du groupe musical « The Runner » a vite réagi sans demander de paiement et a organisé tout le concert.
Nous avons demandé à ce qu’on nous compose les chansons. Les chansons qui furent originairement composées pour nous étaient bien mais je n’étais toujours pas satisfait et donc j’ai commencé à découler mes propres pensées et sentiments sur du papier. Mon ami a composé la musique , ce qui a donné de la vie à la chanson. Lorsque je rédigeais les mots de la chanson, je ne me suis pas rendu compte du fort impact que celle-ci aurait sur le public, même lorsque je pleurais. Pas un seul oeil n’est resté sec! Nous fumes aussi filmés par la télévision locale et notre concert a été diffusé dans les nouvelles du soir. J’ai eu l’occasion de raconter mon histoire à un éditeur de télévision qui m’a permis de réaliser mon rêve qui était de retourner à Mont Tatras, le sommet le plus élevé de Slovaquie. Moi qui normalement à peine arrive à marcher sur de la terre plate, me suis soudainement retrouvé au dessus d’une montagne à 1751 mètres d’altitude en admirant la Slovaquie en dessous de mes jambes handicapées. A ce moment là, je me suis rendu compte que rien n’est impossible lorsque vous avez de bons amis à vos cotés.
Je voudrais remercier tous ces gens qui m’ont consacré même rien qu’une minute de leur temps pour m’aider. Je voudrais aussi remercier ma chère épouse Zaneta, mes deux beaux enfants, mon fils Thomas et ma fille Petra, mon père, mes frères et sœurs ainsi que tous les membres de ma familles et mes amis. Je voudrais aussi remercier la Directrice de notre club SEP dans la ville de Levoca, pour l’avoir fondé et pour avoir consacré tant de temps à développer des activités pour les membres.
Même si la vie m’a parfois joué de sals tours, je ne me plaints point. Je la prends telle qu’elle est. Chacun de nous peut améliorer sa vie en pensant positivement et en étant généreux envers ceux qui vous entourent.
La chanson que j’ai écrite pour vous personnes vivant avec la SEP Pour tous de se rendre compte que nous voulons continuer à vivre aussi Donnez nous votre main pure Aidez nous grâce à vos conseils Nous irons pas à pas Avec la tête haute
Morale : Pensez à ceux qui ne peuvent plus aller se balader, ils pleurent chez eux en silence. Personne ne sait lorsque leur tour arrivera de rester coincés à la maison ou lorsque leur heure viendra. Ils sont notre conscience.
|