 |
Troubles visuels La névrite optique, symptôme visuel le plus fréquent, est généralement transitoire et associée à une bonne récupération. Toutefois, certaines personnes peuvent avoir un déficit persistant et parfois progressif, auquel cas elles auraient avantage à être dirigées vers une clinique spécialisée en soins visuels. Les mouvements oculaires involontaires tels que le nystagmus et l’oscillopsie peuvent aussi engendrer une altération pénible de la vision. Il est possible de soulager ces manifestations par l’usage de prismes. Des données anecdotiques laissent croire que certains médicaments tels que le baclofène, la gabapentine et l’isoniazide seraient utiles. Dans une petite étude sur le nystagmus pendulaire, la mémantine, agoniste du glutamate, a produit des résultats favorables chez les 11 patients traités.
Vertiges Les poussées causées par une atteinte du tronc cérébral peuvent se manifester par des étourdissements ou des vertiges, parfois accompagnés de nystagmus et d’ataxie. Ces symptômes se traduisent par une profonde réduction de la mobilité, sans parler du risque sur le plan de la sécurité. La prochlorpérazine peut être utile dans les vertiges aigus, alors que la physiothérapie (y compris les exercices de Cawthorne-Cooksey) associée à la cinnarazine est une stratégie employée en cas de symptômes chroniques.
Troubles de la déglutition, de l’élocution et de la respiration La dysphagie n’est pas rare dans la SEP, des symptômes évocateurs ayant été observés chez une proportion pouvant atteindre 43 p. cent des patients atteints de cette maladie. Elle peut se manifester par une toux déclenchée par l’alimentation, des étouffements, une anxiété suscitée par la déglutition et une détérioration de la fonction de déglutition. Ils risquent de passer inaperçus jusqu’au moment où ils s’imposent à l’attention lors d’un épisode d’étouffement grave. Lorsqu’elle est légère, la dysphagie est facile à prendre en charge, au moyen d’un bilan et d’une consultation en orthophonie. Lorsqu’elle est grave, elle entraîne un risque de pneumonie par aspiration et peut requérir une évaluation par vidéofluoroscopie. Une gastrostomie percutanée peut être nécessaire si la déglutition est dangereuse ou si l’apport nutritif est insuffisant.
Les troubles de l’élocution dans la SEP se manifestent par une dysarthrie, bien que la dysphasie puisse parfois entrer en ligne de compte chez les patients ayant des déficits cognitifs graves. Là encore, une évaluation et un traitement en orthophonie sont indiqués, et une aide à la communication peut être utile en cas de dysarthrie très grave.
L’insuffisance respiratoire peut être associée aux stades avancés de la SEP, mais peut aussi compliquer les épisodes de troubles associés au tronc cérébral. La cause la plus fréquente est une faiblesse des muscles respiratoires, y compris du diaphragme. La respiration assistée peut se révéler nécessaire en cas d’insuffisance respiratoire aiguë, alors que dans les cas chroniques, le patient peut apprendre à s’aider du diaphragme pour parler.
Sensibilité à la chaleur Dans la SEP, il arrive souvent qu’une augmentation de la température corporelle à l’effort provoque une détérioration des symptômes, surtout ceux touchant la fonction visuelle (phénomène d’Uthoff). L’emploi d’un climatiseur peut être utile, le recours à une combinaison refroidissante étant une option à réserver aux cas extrêmes. La 4-aminopyridine semble particulièrement bénéfique chez les patients qui présentent une sensibilité à la chaleur.
Troubles psychiatriques et psychologiques La morbidité psychiatrique est augmentée dans la SEP, plus de la moitié des patients étant symptomatiques à un moment ou à un autre.
L’irritabilité, les difficultés de concentration, la dépression et l’anxiété sont les troubles les plus fréquents. Les symptômes dépressifs sont rarement graves, une intervention pharmacothérapeutique n’étant nécessaire que chez une minorité de patients. Le traitement de la dépression est le même que dans le cas des personnes non atteintes de la maladie ; quelques essais contrôlés avec répartition aléatoire ont été effectués sur les antidépresseurs dans la SEP. Une étude sur la désipramine a mis en évidence une efficacité modérée, mais la dose était limitée par les effets secondaires anticholinergiques.
Les troubles psychologiques ne sont pas rares dans la SEP. De nombreux patients ont de la difficulté à faire face à leur nouvel état, une fois le diagnostic posé, situation qui peut être aggravée par la survenue d’une incapacité. Diverses méthodes de traitement des difficultés psychologiques ont été décrites, mais peu ont été évaluées. Le rôle de la psychothérapie dans la SEP a été décrit, et le rôle de la psychothérapie de groupe a été évalué auprès d’un petit groupe de patients atteints de SEP. Un certain effet favorable a été observé sur le plan du contrôle, mais aucun effet n’a été constaté sur le plan de l’anxiété ou de l’estime de soi.
Selon le Comité, ces symptômes doivent faire l’objet d’une prise en charge active, laquelle ne doit pas nécessairement comprendre une pharmacothérapie.
|