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Symptômes et traitements
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Sommaire
SEP Guide de traitement :

 


  Dysfonction sexuelle

La dysfonction sexuelle est un symptôme fréquent et particulièrement pénible qui touche jusqu’à 70 p. cent des femmes et des hommes atteints de SEP. De nos jours, il est abordé plus ouvertement et de manière plus constructive que dans le passé. Les bienfaits de la thérapie ont été montrés récemment. Par ailleurs, des progrès ont été accomplis dans la connaissance des mécanismes physiopathologiques et dans la thérapeutique, bien que cela soit davantage vrai pour la dysfonction érectile. En plus des lésions nerveuses, la survenue de l’incapacité peut considérablement affecter l’image de soi, laquelle peut à son tour se répercuter sur les relations interpersonnelles et la fonction sexuelle.

Prise en charge de la dysfonction sexuelle chez la femme
Les symptômes les plus fréquents sont la baisse du désir sexuel, l’altération de l’orgasme, une diminution de la lubrification vaginale et une réduction de l’activité sexuelle causée par la fatigue. La diminution de la lubrification vaginale peut être traitée par des lubrifiants hydrosolubles, et les dysesthésies peuvent être soulagées par la carbamazépine ou la phénytoïne. Par ailleurs, comme il existe également des fibres nerveuses nitrergiques dans le corps caverneux clitoridien et la paroi vaginale, on peut théoriquement s’attendre à ce que le sildénafil (ViagraMD) ait un effet bénéfique. Un essai contrôlé et avec répartition aléatoire est actuellement en cours.

Prise en charge de la dysfonction sexuelle chez l’homme
La SEP entraîne des difficultés érectiles chez 60 à 80 p. cent des hommes. Dans les cas les plus légers, il peut y avoir une difficulté à maintenir une érection efficace lors des rapports sexuels, les érections nocturnes et au réveil étant par ailleurs normales, alors que dans les cas graves, on observe une difficulté à éjaculer ou une insuffisance totale de la fonction érectile. Selon les données cliniques et neurophysiologiques, le symptôme serait très probablement d’origine rachidienne. Jusqu’à 96 p. cent des patients manifestent des signes pyramidaux, alors qu’il existe des anomalies des potentiels évoqués somesthésiques tibiaux et honteux et une hyperréflexie urodynamiquement objectivée (d’origine rachidienne confirmée) chez 73 et 85 p. cent d’entre eux, respectivement.

L’information du patient et les échanges avec lui ne doivent pas être sous-estimés. Les progrès récents dans la pharmacothérapie, notamment le développement du sildénafil (ViagraMD), qui s’est rapidement imposé face aux médicaments antérieurs, auront sans nul doute un impact majeur sur ce symptôme. La libération de monoxyde d’azote par les nerfs des artérioles du corps caverneux fait augmenter les concentrations intracellulaires de GMP cyclique, ce qui entraîne un relâchement du muscle lisse et une érection pénienne. L’effet du GMPc est atténué par une phosphodiestérase, laquelle est inhibée par le sildénafil. Ce médicament a récemment été soumis à une étude à double insu, avec répartition aléatoire et contrôlée par placebo à laquelle ont participé 217 hommes présentant une SEP cliniquement confirmée et une incapacité équivalant à un score compris entre 2,0 et 6,0 sur l’échelle EDSS. L’étude comportait une phase de préinclusion de quatre semaines et a duré 16 semaines. Les sujets ont été répartis de manière aléatoire entre deux groupes dont un recevait un placebo, et l’autre le sildénafil (50 mg), administrés une fois par jour ou moins, une heure avant les rapports sexuels. La dose pouvait être entre 25 et 100 mg, selon la réponse thérapeutique et la tolérabilité. Le principal paramètre d’évaluation était l’indice international de la fonction érectile (International Index of Erectile Function, IIEF). Sur les 104 patients du groupe traité, 102 (98 p. cent) ont poursuivi le traitement jusqu’à la fin comparativement à 88 patients sur 113 dans le groupe placebo (77 p. cent).

La capacité de réaliser et de maintenir une érection s’est significativement améliorée dans le groupe traité par rapport au groupe témoin (p < 0,0001). Chez les patients ayant connu une amélioration érectile (les répondeurs au sildénafil), 92 p. cent ont noté une amélioration de leur capacité d’avoir une activité sexuelle satisfaisante. Les effets secondaires étaient généralement bénins, les plus fréquents étant les céphalées (23,1 p. cent dans le groupe traité contre 5,3 p. cent dans le groupe placebo) et les bouffées congestives (13,5 p. cent contre 1,8 p. cent). On a relevé trois événements sérieux dans chaque groupe, dont aucun n’a été imputé au traitement. Aucun symptôme cardiaque n’est apparu dans le groupe traité, mais un sujet du groupe placebo a eu un infarctus du myocarde pendant l’étude. Un effet bénéfique sur les aspects ayant trait à la qualité de vie a été mis en évidence au moyen de la liste de vérification de la satisfaction par rapport à la vie (Life Satisfaction Checklist) et de l’échelle d’évaluation de la détresse liée aux problèmes érectiles (Erection Distress Scale). Le groupe traité a fait état d’un effet bénéfique significatif dans cinq des huit composants de la liste, y compris la vie considérée dans son ensemble (p < 0,001) et la vie sexuelle (p < 0,001), mais aussi la relation avec la partenaire (p < 0,001), la vie de famille (p < 0,003) et les relations sociales (p < 0,03).

La pharmacothérapie intracaverneuse existe depuis déjà près de deux décennies et reposait initialement sur la papavérine, jusqu’à l’apparition plus récente de la prostaglandine E1 (alprostadil), que l’on administre à raison de 20 µg. Cette dernière est rapidement métabolisée, de sorte que le priapisme et la fibrose locale sont très rares. Les études confirment son excellente efficacité et son absence presque totale d’effets secondaires systémiques. Toutefois, l’administration par injection dans le corps caverneux est un inconvénient évident, et est à l’origine de douleurs péniennes fréquentes. Dernièrement, un nouveau traitement qui consiste à introduire un pellet d’alprostadil dans l’urètre au moyen d’un petit applicateur (MUSEMD) a fait preuve d’une certaine efficacité dans l’amélioration de la capacité érectile.

La pharmacothérapie intracaverneuse existe depuis déjà près de deux décennies et reposait initialement sur la papavérine, jusqu’à l’apparition plus récente de la prostaglandine E1 (alprostadil), que l’on administre à la dose de 20 µg. Celle-ci est rapidement métabolisée, de sorte que le priapisme et la fibrose locale sont très rares. Les études confirment sa grande efficacité et son absence presque totale d’effets secondaires généraux. Toutefois, l’administration par injection dans le corps caverneux est un inconvénient évident, et est à l’origine de douleurs péniennes fréquentes. Dernièrement, un nouveau traitement qui consiste à introduire un pellet d’alprostadil dans l’urètre au moyen d’un petit applicateur (MUSEMD) a fait preuve d’une certaine efficacité dans l’amélioration de la capacité érectile.

Un mélange de crèmes vasodilatatrices libérant du monoxyde d’azote a été évalué dans un essai croisé contrôlé par placebo et s’est révélé efficace chez 58 p. cent des hommes, comparativement à seulement 8 p. cent pour le placebo. Les pompes à vide sont également employées, mais elles n’ont fait l’objet d’aucune évaluation, et la chirurgie prothétique n’est pas recommandée chez les patients souffrant de SEP. Le seul agent qui passe pour améliorer la fonction éjaculatoire, supposé antagoniste des récepteurs alpha du système sympathique, est la yohimbine qui, cependant, n’a jamais été évaluée de manière rigoureuse.

Selon le Comité, la dysfonction sexuelle chez l’homme, plus particulièrement la difficulté de maintenir une érection, est aujourd’hui relativement facile à traiter. Toutefois, on ne peut en dire autant de la dysfonction sexuelle chez la femme.


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